samedi 28 décembre 2013

Serigne Saliou Mbacké, le géomètre 7 ans après ! Et si le développement du Sénégal devait passer par Khelcom ?

Il est venu au monde en décembre 1915, il est retourné vers son Créateur le 28 décembre 2007. Depuis 7 bonnes années, « Mame » est arraché à l’affection des musulmans du monde. Un homme de Dieu certes, mais aussi un géomètre. Il a tracé des quartiers comme Dianatoul quelques années après avoir façonné ce vaste « pays » appelé Khelcom.Khelcom… Et si tout le monde avait compris !Khelcom, jadis, forêt redoutée, est devenue, depuis quelques années un paradis pour certains Sénégalais qui la prennent d’assaut à chaque fois qu’il est question de travaux champêtres.

 Pourtant, rien de ce qui fut en 1991 ne pouvait laisser augurer un tel dénouement. En fait, il y a 22 ans que le Gouvernement sénégalais donnait ces 45 000 hectares de terres au regretté Serigne Saliou qui s’engagea à les utiliser pour les besoins de l’Agriculture. En son temps, les terres offraient un visage lugubre, avec des hyènes et autres animaux sauvages qui menaçaient, de manière permanente, la vie humaine. 

Le 5ème Khalife Mouride releva le défi, même si à ses débuts, Khelcom était difficile à vivre. Un des principaux Diawrignes qui a accepté de se confier, dira que les premiers mourides qui ont osé affronter les 5 premières années ces périmètres agricoles, ont souffert le martyr. Il n’y avait pas d’électricité, encore moins de l’eau. Les personnes venues travailler bouclaient des dizaines de kilomètres à pied pour rejoindre les champs et c’était rare, ajoute-t-il , de boucler une journée sans être mis au courant qu’une personne a été mordue par un serpent venimeux ou piquée par un scorpion mortel. « Il n’y avait que les véritables mourides imbus des vraies valeurs du mouridisme, friands de l’héritage religieux de Serigne Touba, qui osaient répondre à l’appel du marabout ». La mort dans l’âme, notre interlocuteur ajoutera: « aujourd’hui que de bonnes conditions pour un bon séjour sont proposées par des bonnes volontés, tout le monde vient. Cette ruée, en soi est salutaire Car Khelcom est devenue aujourd’hui la clef du développement du Sénégal ».

Un « pays » savamment bien dessiné par un « géomètre » hors pair,Khelcom compte 15 foyers de ce genre, distants de 9 kilomètres, les uns des autres. Citons : Touba Khelcom, Darou Miname, Darou Moukhty, Ndindy, Darou Salam , Dianatoul Mahwa, Ousnoul Mahab , Darou Rahmane, Taiba, Darou Khoudoss etc… Au niveau de chaque daara, des forages ont été creusés, des postes de santé installées, un hôpital mis en place, des routes tracées et bitumées. Chaque daara est bien organisé avec un Diawrigne à la tête. Il veille sur 313 enfants venus apprendre le Coran et recevoir une bonne éducation. Celui que les talibés surnomment « Borom Ndiouroul ak Ndianpandal » a donné, de son vivant, l’allure d’un opérateur économique sans pareil. En fait, Serigne Saliou a, toujours, fait de l’émancipation économique de l’être humain une obligation, facilement, satisfaisable par le biais de l’Agriculture ».

 Le regretté Khalife a très tôt compris que l’Agriculture, de manière générale, tardait à prendre son envol à cause de la tendance des Sénégalais à délaisser le secteur. « Le Sénégal ne peut pas se développer sans l’Agriculture. Il fut osé attaquer les forêts, les défricher et s’assurer une bonne disponibilité de l’eau », confie un Diawrigne vasé à Dianatoul Mahwa depuis le rappel à Dieu de son guide spirituel en 2007. La leçon aux Sénégalais et à l’Etat du Sénégalais a été de le dire que le développement du pays passait par l’agriculture et qu’il fallait oser affronter les grands espaces encore inutilisables. Aujourd’hui, le chemin est encore long pour atteindre l’autosuffisance alimentaire nécessaire pour entrer dans l’ère du développement.

Source: Seneweb.com

vendredi 27 décembre 2013

Anniversaire du rappel à Dieu de Cheikh Saliou Mbacké, 5ème Khalife de Serigne Touba Khadimou Rassoul (RTA) Hommage à Cheikh Saliou Mbacké (1915 – 2007) : Un feu éternellement vivant !

28 décembre 2007 – 28 décembre 2014 : Voilà exactement sept (7) ans que Cheikh Saliou Mbacké, à 92 ans, nous quittait, en laissant toute la Ummah islamique dans la tristesse, pour rejoindre son vénéré père et maître, Serigne Touba Khadimou Rassoul (RTA) fondateur de la Mouridiya qui, le mardi 16 juillet 1921 (18 Safar 1313), en résidence surveillée à Diourbel depuis le 15 janvier 1912, obtint du Seigneur son Agrément Eternel (Ngueureum) au prix de moult et lourdes épreuves. Il ordonna à ses disciples, aux croyants et à toutes les créatures de l’aider à remercier le Très Haut pour tous les bienfaits inestimables qu’il reçut de Lui ce jour là et qui, à chaque 18 Safar, seront amplifiés. Ainsi donc, le Magal venait d’entrer définitivement dans l’hagiographie de la Mouridiya. A ce titre, il convient de rendre César à ce qui lui revient et c’est le lieu, Hic et Nunc, de savoir un gré profond à Son Excellence Me Abdoulaye Wade, d’être le premier Président de la République du Sénégal à faire du Magal de Touba, une fête nationale chômée et payée ; son successeur le Président Macky Sall d’en faire autant et ce n’est que justice !



Cheikh Saliou exerça son Khalifat pendant 17 ans (de 1990 à 2007). Il vit le jour en 1915 à Diourbel au moment où Serigne Touba (RTA) y était en résidence surveillée comme cité supra. Son accession à la tète de la communauté mouride, le 13 mai 1990, fut marquée par son mémorable sermon prononcé un jour de Korité du 5 avril 1992 à Touba et dans lequel il dit : «Hormis l’Islam et par conséquent la gestion de l’héritage de Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba (Psl), rien ne saurait retenir mon attention, encore moins susciter de ma part commentaires ou directives quelconques». Et toujours le Saint Homme de poursuivre sa détermination de contribuer à la rénovation (yeesal) de la voie initiée par ses prédécesseurs de Cheikh Mouhamadou Moustapha à Cheikh Abdoul Khadr Mbacké l’Imam des Imams.



Il procéda ainsi à la promotion de l’Islam, à travers la fructification du legs de son illustre père, par l’implantation des daaray tarbiya (centres d’enseignement religieux et d’éducation par la pratique) qu’il confia à des formateurs bien préparés. Il accordait une importance capitale à l’éducation des enfants et leur vouait une affection extraordinaire. L’exemple de Khelcom qu’il mit en place, en 1991, constitue un vaste projet agricole d’intérêt national. Il suffit de s’y rendre pour s’en convaincre. A cela s’ajoutent les grands travaux de réhabilitation de la grande mosquée de Touba et de la sainte ville qu’il confia, jadis, à son fils talibé Serigne Moustapha Saliou.



Sa piété exemplaire, sa sérénité légendaire, son rayonnement spirituel universel, sa disponibilité et ses contacts simples et directs, lui permirent de briller sur toute la Ummah islamique sans pour autant quitter le Sénégal, contrairement à son jeune frère et fils cadet de Serigne Touba (RTA) le Cheikh Mouhamadou Mourtada Mbacké dont l’œuvre s'est étendue au monde entier à travers les visites annuelles qu'il accomplissait aux quatre coins du globe pour répandre et revivifier le message de l'Islam et les enseignements de son illustre et vénéré père.



Cheikh Saliou fut au service de toute la communauté musulmane faisant assidûment preuve dans tous ses actes et propos, d’une humanité, d'une piété et de Vertus remarquables qui le firent aimer et respecter de tous. Il incarnait cette fonction de régulation sociale dont le Sénégal a tellement besoin, surtout en ces temps troublés. Pour preuve, les événements sociopolitiques qu’il assista durant son magistère ne l’ont point ébranlé et, jamais, il ne prit une quelconque position.



Son existence sur terre se distingua par une remarquable ardeur et une forte détermination à l'acquisition de la science, par un fort attachement à l'orthodoxie et à la Sunna du Prophète (Psl), par la tempérance et le détachement des vanités du bas monde et bien d'autres vertus procédant d'une Faveur divine particulière. On reconnaissait déjà en lui, dés son jeune âge, l'essentiel des qualités dévolues aux saintes éminences, celles des grands Hommes de Dieu appelés à réaliser des destinées exceptionnelles. Ainsi, il hissa, pendant 17 ans, le drapeau du Mouridisme et les enseignements du Cheikh à un niveau difficilement atteignable. À ce titre, la communauté mouride lui en saura une reconnaissance infinie !



Cheikh Saliou capitalisait d'autant plus l'attachement extraordinaire des disciples mourides en ce sens qu'il fut le dernier fils vivant de Serigne Touba Khadimou Rassoul (RTA) sur terre et représentait ainsi aux yeux de beaucoup d'entre eux, inconsciemment ou non, le dernier maillon du second cycle de vie de leur communauté. D’où cette panique et consternation, lorsqu’au lendemain du 28 décembre 2007, tous se réveillèrent abattus et incrédules à l’annonce de sa disparition; comme ce fut exactement le cas lorsque Dieu, en 632 à Médine, rappela à ses côtés le Prophète Mouhamed (Psl) (cf. notre contribution sur la quintessence du Grand Magal de Touba paru dans le journal Sud quotidien du mercredi 11 février 2009). Et la nouvelle était difficile à admettre pour beaucoup de Sénégalaises et Sénégalais surtout habitués à sa figure rassurante et paternelle, à ses vertus remarquables et stables qui ramenaient toujours la concorde sociale, la paix et la sérénité.



Par ce qui précède, il nous parait essentiel, à travers notre contribution, de rendre hommage à un Homme de Dieu qui, pendant 17 ans de Khalifat, porta admirablement le flambeau du Mouridisme sans complainte ni reproche, sans erreur ni faille, sans faiblesse ni hésitation avec une extrême affection et une telle compassion qu’il vouait à ses condisciples mourides, à ses frères musulmans et à tous les croyants.



Ne leur disait-il pas au cours de ses sermons invariables frappants de concision, à l'instar de celui-ci qu'il adressa, pour la dernière fois, à la communauté mouride un jour de Korité (Aid el Fitr), le 13 octobre 2007 à Touba, et dont voici la substance: «Je salue tous mes frères musulmans et tous mes condisciples mourides. Je rappelle tous mes frères musulmans, tous mes condisciples et ma propre personne l’objet et la motivation de notre séjour terrestre : l’Adoration de Dieu notre Seigneur». Et toujours le Cheikh de poursuivre : «Je me repens en Dieu et implore Son Pardon en faveur de tous mes frères musulmans…». Quelle sollicitude !



Point, à notre sens, ne saurait exister assurément de plus belle illustration de l’assertion du Serviteur Eternel du Prophète (Psl): «Par Saliou DIEU parachèvera toute mon œuvre et mon intention». Donc, il fut le témoin et l’esprit vivant de Serigne Touba et comme aimait à le dire Serigne Moussa Kâ (*) : « Domadi Baaye, Baaya di Dom ». Il est ce feu vivant qui ne s’éteint point et qui s’allume avec mesure !



Tous nos vœux d’éternité au fils de Sokhna Fatou Diakhaté !



Serigne Touba Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké Yalnafi Yag Té Wer



(*) Eminent poète sénégalais en langue wolof et contemporain de Serigne Touba (RTA)



Par Birame Lothi DEME

Informaticien à la DAF

(Direction de l’Automatisation des Fichiers)

Au Ministère de l’Intérieur

Tél. (+221) 774199849

E-mail : bildeme@gmail.com / bildeme@hotmail.com

jeudi 26 décembre 2013

(VIDÉOS) Serigne Saliou: Jantub Jamonom


Exposé de Serigne Saliou Gueye sur le livre de Serigne Khalil Mbacke (un petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba & Mame Thierno Birahim) dédié a Serigne Saliou Mbacke Ibn Khadimou Rassoul.



dimanche 8 décembre 2013

Hommage à Cheikh Saliou MBACKE (1915 – 2007) : Un esprit universel

Le 28 décembre 2007, Cheikh Saliou MBACKE était parti sereinement rejoindre son vénère père et guide Cheikh Ahmadou Bamba MBACKE Khadimou Rassoul ainsi que ses frères qu’il servit avec dévouement. Il fut, comme j’aime à le dire à mes amis, le dernier des Cinq majeurs : Wûtu Niëp, Mudié Lëpp, Matall lëpp. Il vit le jour à Diourbel en 1915 au moment où Serigne Touba Khadimou Rassoul y était en résidence surveillée depuis le 15 janvier 1912. 

 Cheikh Saliou exerça son khalifat pendant 17 ans (de 1990 à 2007). Il rayonnera sur la Ummah islamique sans pour autant quitter le Sénégal où venaient le trouver des dignitaires de toute obédience religieuse et des citoyens de toutes conditions, venus des quatre coins du monde, solliciter des prières et son assistance efficace et discrète. Il fut au service de toutes les créatures. Ainsi donc, il fut un digne héritier de Serigne Touba Khadimou Rassoul tant par l’action que par la pensée. A cet égard, il accordait une importance particulière à l’éducation des enfants ainsi qu’aux travaux champêtres. Il suffit de visiter Xelcom pour s’en convaincre.

En Cheikh Saliou se cristallisa la détermination de Cheikh Ibra Fall Baboul mouridina, l’érudition de Cheikh MBACKE BOUSSO, la sérénité et le courage de Cheikh Mouhamadou Moustapha MBACKE, la prestance et le goût du savoir de Cheikh Mouhamad Bachir MBACKE, la cohérence et le rigueur de Cheikh Abdoul AHAD MBACKE, la spiritualité de Cheikh Abdou Qadr MBACKE, l’imam des imams, le silence et l’extrême dignité de Cheikh Ahmadou MBACKE Gaïndé Fatma, la discrétion de Serigne MBACKE Madina, l’orthodoxie de Cheikh Chouhaybou MBACKE, l’ouverture d’esprit de Cheikh Mouhamad Mourtadha MBACKE.

A toutes ces qualités sublimes, Cheikh Saliou MBACKE y ajoutera la mesure et la miséricorde, vertus dans lesquelles ses prédécesseurs et ses contemporains l’auraient sans doute envie quelque grande que fussent leurs vertus et leurs prestiges. En effet tous les actes qu’il posa durant son magistère furent marqués du sceau de ces vertus sus citées. Pour preuves, tous les événements sociopolitiques –et quelle que fut leur intensité- qui survinrent de 1990 à 2007 ne l’ont point ébranlé et, jamais, il ne prît des positions qui prêtées à équivoque ou qui subodoraient un quelconque parti pris. Ses discours courts, précis, pertinents, nimbés d’une exquise courtoisie et bien à propos ramenaient toujours la paix et la sérénité.

 Cheikh Saliou MBACKE fut un berger vigilant pour a mouridiya et la ummah islamique, une référence capitale en somme, un esprit universel. Il accordait une importance particulière au SANT (remerciement de DIEU et Serigne Touba Khadimou Rassoul) qui est la cime de la spiritualité et son corolaire temporel le bérndé (Hospitalité assortie de mets en quantité et en qualité). Son Talibé le Cheikh Bethio Thioune les amena à un niveau difficilement égalable. Le SANT est devenu un concept spirituel operatoire qui a littéralement transformé l’univers mouride et, partant, islamique : Niëpp Ngui sant !

Cheikh Saliou vouait une affection extraordinaire à ses mourides et à tous les croyants, bref, à l’humain tout court. Ne leur disait-il pas à quelques mois de son rappel à Dieu :

Souma djiitoo, xaar léén,
Souma léén guissoul dëp,
Souma gneuwé fék nguéén dém, ma topou sén ganaw.
Quelle sollicitude !
Donc nagnou and diko sant bafaw.

Tous nos vœux d’éternité au cinquième khalif de Serigne Touba Khadimou Rassoul.
En finissant cette contribution, j’ai une pensée pieuse pour mon frère et ami Feu Amar YADE, membre fondateur de l’initiative And SANT, rappelé à DIEU le 16 décembre 2006 et dont l’affection pour Cheikh Saliou était incommensurable. J’imagine son plaisir, le jour où il apprit que Cheikh Saliou est venu lui rejoindre dans la demeure éternelle. Amar : Puisse Cheikh Saliou t’entourer de sa miséricorde éternelle.

Docteur Ibrahima DEME         
Vétérinaire Chargé d’études 
Coordonateur de And SANT
Unité 4 PlleAss. N°3007- Dakar 
idemmedk@yahoo.

lundi 25 novembre 2013

Il était une fois un bienfaiteur nommé Sérigne Saliou Mbacké

Commune de Taverny, nous sommes dans le Val-d’Oise, à une trentaine de kilomètres de la capitale française. Dans cette ville de 26 708 habitants, se dresse,à la grandeur de l’Islam, une vaste demeure de 3 800m2 entièrement dédiée à Allah. Ancien foyer éducatif -qui a cessé ses activités en 2001 pour être délocalisé à Franconville-, l’ex-bâtisse de la Ddass est aujourd’hui devenue la grande Mosquée de France, mais aussi la «maison de Sérigne Touba» dans le département du 95. 

Ici, malgré le froid qui s’abat sur toute l’Europe, se sont réunis, depuis deux jours, de nombreux musulmans venus de toutes les communes de France et au delà pour témoigner leur gratitude à un serviteur émérite de Bamba : le vénéré Cheikh Saliou Mbacké. En ce jour de commémoration du départ à l’exil d’Ahmadou Bamba Mbacké, une conférence sur le Mouridisme et son enseignement a été organisée par le Centre culturel islamique. Devant plus de 300 personnes (nourries gratuitement pendant deux jours) en présence du préfet du département, du maire Maurice Boskaver et de l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran, M. Abdallah Sahmi -un tunisien de 49 ans- et ses camarades ont débattu de l’Islam à travers le Mouridisme. Ayant vécu 13 années à l’ombre de Sérigne Saliou, le mouride tunisien a tenu à expliquer à l’assistance toute la portée de l’enseignement du saint homme. Comme lui, l’Imam Cheikh Sango Ntchara Mamadou, 65 ans, président du Conseil islamique de France et Camerounais d’origine, n’a pas été avare en superlatif pour magnifier ce jour «dédié à un combattant de l’Islam, une fierté pour l’homme africain : Khadimoul Khadim». Si ce Camerounais de naissance en est arrivé à faire siens les enseignements du Serviteur du Prophète (PSL) et à clamer, haut et fort, être «le porte-flambeau du Sénégal en France», c’est qu’il lui est arrivé une de ces histoires extraordinaires qui n’arrivent qu’une seule fois dans la vie d’un homme et que l’on garde en mémoire durant toute son existence. 

«On priait dans des caves de sous-sols, des garages»


Et il n’a jamais cessé de la narrer avec la fierté de l’homme comblé. Dans cette ville où toutes les communautés religieuses disposaient d’un lieu de culte, les Musulmans étaient les seuls à faire recours aux caves des sous-sols et garages pour pratiquer et s’acquitter de leur devoir de prières quotidiennes. Leurs enfants n’avaient aucune école pour apprendre le Coran, les Musulmans ne se voyaient qu’en petits groupes et les non- Musulmans les regardaient avec méfiance. Alors, pour sortir de la clandestinité, le Conseil islamique a demandé au maire de la commune de mettre à leur disposition un terrain pour en faire un lieu de culte. «C’était en 2001, se souvient l’Imam, et le maire Maurice Boskaver m’avait appelé dans son bureau pour me faire part de la vente de l’ancienne maison de la Ddass. «Si vous parvenez à l’acheter, vous pourrez en faire une mosquée», m’avait-il dit.» Comme depuis la loi de 1905 -la loi sur la laïcité qui a proclamé la séparation de l’Eglise et de l’Etat- l’argent public n’entre plus dans la construction et la gérance des lieux de culte, il lui fallait trouver des mécènes pour l’acquisition du bâtiment. 

«Saoudiens et Emiratis ont dit non, Cheikh Saliou a dit oui»


Sa petite communauté a mis la main à la poche, mais les 30 millions de FCfa qu’elle a réussis à mettre en place paraissaient dérisoires, au vu des 300 millions demandés par le vendeur. «C’est ainsi qu’on a fait le tour du monde pour chercher des financements, se souvient l’Imam, mais les Saoudiens et les Emiratis qu’on a rencontrés ont refusé de donner leur argent.» Déboussolé, l’Imam était à deux doigts de jeter l’éponge, lorsque -par la grâce d’Allah- un Sénégalais, Cheikh Lamine Ndiaye, lui conseilla d’aller au Sénégal voir un bienfaiteur nommé…Cheikh Saliou Mbacké, al-khafizoullah. «C’était impensable, avoue-t-il, je n’imaginais pas que je puisse avoir quoi que ce soit dans un pays aussi pauvre que le Sénégal.» Malgré ses nombreuses hésitations, l’Imam finit par se convaincre à faire le voyage en compagnie d’un certain Pape Dieng, actuellement en poste à la Présidence la République du Sénégal. «Je n’avais jamais entendu parler du Khalife général des mourides avant et rien ne prédestinait que je devais rencontrer un jour cet homme.» Mais les voies du mystère étant insondables, la rencontre avec Cheikh Saliou finit par se faire un jour. Souleymane Diouf, Moustapha Yassine et Atoumane Diagne, Hitzbutarkya, étaient de l’entrevue. 

«Même si la maison coûtait 2 milliards, je l’achèterai»


«Quand nous lui avons exposé le problème, il nous a demandé ce que nous comptons réellement faire de cette maison. Nous avons répondu que nous comptons en faire un lieu où nous pourrions pratiquer notre culte, pouvoir donner à nos enfants un endroit où ils apprendraient le Coran et permettre aux non- Musulmans d’y rencontrer les Musulmans et de faire la connaissance de l’Islam», se remémore l’Imam, un brin nostalgique. Alors, à cet effet, le marabout répondit : «Même si elle coûtait 2 milliards, je l’achèterai.» Pour montrer son intérêt pour l’acquisition de cette demeure, le saint homme offrira 10 millions de FCfa à ses hôtes, en guise de bienvenue, pour rembourser leurs frais de voyages. À peine ont-ils quitté le Sénégal, l’Imam et ses coreligionnaires ont été surpris de voir que les envoyés spéciaux du vénéré Cheikh étaient déjà-là, en France. L’achat de la maison se fit cash devant un notaire. Et depuis ce jour, en plus de l’Imam, de nombreux Musulmans sont devenus de fervents mourides et ne témoignent que de la sainteté de Cheikh Saliou. Convenablement à ses vœux, les jeunes viennent ici étudier le Coran, les Musulmans y prier et les non- Musulmans s’y informent sur l’Islam. En cette période trouble où l’Islam, en France, est confondu au terrorisme et les Musulmans à des étrangers, les fidèles de Keur Sérigne Touba, eux, passent, aux yeux des Tabernaciens, pour «de bons citoyens Français».

mardi 19 novembre 2013

Appel Magal Touba 1991 prononcé par Serigne Saliou Mbacké

Sermon Prononcé par SERIGNE SALIOU MBACKE Khalif Général des Mourides à l’approche du Grand Magal de TOUBA (1er SAFAR 1412H.) soit le 12 août 1991 à TOUBA-Sénégal

Je cherche auprès de DIEU une Protection contre les Malices de Satan le Lapidé...Je la mets sous Ta Protection ainsi que sa progéniture contre la séduction de Satan le Lapidé (S.3 V36)

SEIGNEUR !je me mets sous Ta Protection contre les coups d’aiguillon des démons ; et je me mets, SEIGNEUR ! sous ta protection afin qu’ils (les démons) ne soient jamais présents en moi (S. 23 V98)

AU NOM DE DIEU LE CLEMENT, LE MISERICORDIEUX

Que le Salut, la Paix et la Bénédiction de DIEU le TRES-HAUT soient sur notre Seigneur et Maître MOHAMMAD, ainsi que sur Sa Noble Famille et Ses Vertueux Compagnons.
 
Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de DIEU soient sur vous.

J’adresse mes salutations à tous les frères musulmans, tout en leur rendant hommage. Les manquements dont ils seraient passibles à mon endroit, je les en excuse et demande pardon en retour.

Je viens faire un rappel à l’ensemble de mes condisciples mourides en commençant par moi-même, rappelant la recommandation que SERIGNE TOUBA nous avait donnée en ce mois présent ; ce mois dont les calendes sont un jour de Lundi à notre vue et le 18ème un Jeudi.

Il avait dit avoir signé en ce jour un pacte avec notre SEIGNEUR d’une Mission pour laquelle toutes ses ambitions en grades et en stations spirituelles en contrepartie desquelles notre SEIGNEUR lui fit endurer une somme d’épreuves en adoration, souffrances et peines.

C’est en ce jour là qu’il quitta sa résidence du Djoloff en direction de SAINT-LOUIS en vue du chemin de l’exil. Ce jour alors, ce pour quoi il avait signé un pacte avec notre SEIGNEUR et les épreuves qu’Il lui en fit endurer, à chaque fois que revenait ce jour ; l’année suivante, ces épreuves devenaient plus vivaces, plus lourdes, d’un poids bien supérieur à celui des précédentes.

Durant les sept années consécutives passées en exil Il s’agit de l’exil au Gabon, puis le quinquennat de sa déportation en Mauritanie, puis les cinq autres de résidence surveillé au Djoloff(il s‘agit de Thiéyéne où le CHEIKH fut mit en résidence surveillée de 1905 á 1912) et durant toutes ces années qu’il demeura à DIOURBEL, quand revenait ce jour, il en était toujours ainsi.

C’est seulement lors du séjour de DIOURBEL qu’un Jour, alors qu’il attendait les mêmes épreuves et les mêmes souffrances, les attendant comme toujours, ferme dans l’intention de les endurer, notre SEIGNEUR lui prodigua en cela Son ordre, en lui faisant savoir que les épreuves sont désormais terminées :
"La peine est levée, toute la Mission qui t’a été assignée a été remplie. Tu as obtenu le prix de tout ce á quoi tu aspirais. Il ne reste que la Rétribution et l’Action de Grâce."

Il appela alors tout le monde, leur fit part de cela et leur dit :Je demande á celui qui en a les moyens de s ’associer á moi dans l’Action de Grâce que je rends á mon SEIGNEUR. Il m’a en ce Jour exaucé au point que j’y ai obtenu la totalité des avantages que je sollicitais auprès de Lui.
Mais il se trouve que ce Jour coïncidait avec le Jour de son départ en exil. C’est aussi le Jour où il avait obtenu tout ceci ; c’est exclusivement le l8ème Jour du mois lunaire de Safar.

Quant à la Célébration du MAGAL, je la recommande, celui qui S’y associe à moi dans l’Action de Grâce, s’il Plaît à DIEU, lorsque dans l’Au-delà nous serons au Paradis aussi, certes notre SEIGNEUR OMNISCIENT, d’un Parfait Discernement - malgré l’inexistence au Paradis des mois et des jours - a une Clairvoyance au-dessus de tout et une Transcendance sur toute chose. Mais notre SEIGNEUR Lui, ayant suscité la création reconnaît parfaitement le repère qu’avait chaque jour au monde, de sorte que quand le Jour reviendra, nous ne douterons point qu’il s’agit de celui-ci.

Ce Jour, lorsque nous y parviendrons, il (DIEU) lui réservera des Honneurs et les lui déversera surabondamment à telle enseigne que quelque soient les Délices du Paradis, cette distinction sera une exception de DIEU à son endroit à propos de laquelle, dit-il, celui qui aura communié avec lui dans l’Action de Grâce, où qu’il se trouvera au Paradis, recevra sa. part de cela. Voilà ce qu’il a déclaré ; c’est ce qu’il a dit à propos de ce Jour.

Nous le rappelons donc et nous en renouvelons la recommandation en ayant la ferme résolution de le célébrer de la manière la plus marquée.

S’agissant du MAGAL, voici ce qu’il avait recommandé et dit : "de la Poule au Chameau, je recommande á chacun d’y intervenir pour moi selon ses moyens dans l’Action de Grâce."

Il n’a pas dit qu’on y immole "poule et chameau", car le CHEIKH est hostile à toute innovation blâmable et à tout ce qui est manifeste dans le sens de "l’extrémisme" et de "l’excès "J’ai simplement recommandé d’immoler les espèces allant de la poule au chameau c’est dire que je ne sous-estime rien de la poule jusqu’au chameau. Toute intervention que quelqu’un peut y faire selon ses moyens pour honorer et rendre grâce, qu’il la fasse pour moi á l’occasion du Jour".

Chacun sait qu’une occasion d’action de grâce n’est qu’une occasion pour honorer. Ayons donc la résolution de l’observer exactement comme Il l’avait recommandé, selon la mesure de nos possibilités, avec également l’intention d’y concilier l’adoration qui était sa préférence, à savoir : la lecture du SAINT-CORAN et la récitation des Eloges du PROPHETE.

S’agissant de la lecture du SAINT-CORAN, que chacun en acquitte son mieux et l’adresse à son nom a l’Envoyé de DIEU - pour qui il œuvrait - et entreprenne également une lecture qu’il lui destine personnellement en guise de Don-Pieux. Que chacun y fasse toute la mesure de ses possibilités .

A propos de ce que j’avais sollicité auprès de vous l’année dernière, à savoir : ma charité à moi-même, celle que je demandais, tout ce qu’une personne peut m’offrir en charité par des prières, qu’elle le fasse pour moi, après avoir adressé à l’Envoyé de DIEU son Don-Pieux de la part de SERIGNE TOUBA et à SERIGNE TOUBA le sien propre.

Cette charité qui m’est personnelle, je vous la rappelle pour cette circonstance là. Quelque prière qu’une personne puisse faire pour moi, qu’elle la fasse dans quelque chose comme le salut, le bénéfice de la jouissance des bienfaits, un meilleur sort et une longévité.

Je vous remercie infiniment et rappelle ce jour, tout en priant DIEU de nous y conduire en paix et de l’observer comme le CHEIKH l’a recommandé.

Pour ce présent MAGAL, tout ce qui se rapporte à la lecture du SAINT-CORAN et aux Eloges du Prophète, mieux vaut pour nous de le commencer dors et déjà, dès lors que la nouvelle lune a ses calendes ce lundi même.

Chacun, quelque soit ce qui en est ses possibilités, peut commencer avec, jusqu’à l’échéance du jour, car il recommandait en disant : Accueillons-Le, recevons-Le et Raccompagnons-Le.
L’Accueil est le jour qui le précède ; la Réception le jour proprement dit et le Raccompagnement le jour suivant, L’ensemble de ces recommandations, il ne les donnait que pendant le mois de la Naissance du Prophète et pour ce Jour (le MAGAL en l’occurrence ).

Pour quelque circonstance à laquelle il accordait une considération, c’est ainsi qu’il y rendait grâce ; le Jour de la célébration de la Naissance du Prophète et ce Jour qui est le sien propre et pour lequel nous devons également procéder ainsi.

L’accueil donc, entamons-le dès ce jour qui est le premier du mois. Ce qui est de notre mieux en récitation du CORAN, adressons-le pour lui à l’Envoyé -Paix et Salut sur Lui - en guise de don-pieux ; et lui-même en ce qui le concerne, notre propre don-pieux à son endroit, faisons-le dans la récitation du CORAN.
Commençons-la aujourd’hui même et poursuivons-la. jusqu’à l’arrivée de l’événement, et même jusqu’au sortir du MAGAL.

Nous vous remercions beaucoup, témoignons profondément grâce à DIEU notre SEIGNEUR et bien
d’autres formes de reconnaissance que nous vous témoignons et auxquelles nous prenons à témoin nos frères serviteurs
Puisse DIEU nous réaliser nos vœux et nous accorder les Bienfaits attachés à ce Jour.

Que la Paix, et la bénédiction de DIEU SOIENT sur vous.